Faits surprenants sur l’histoire de la médecine

Comment les gens du passé traitaient-ils les maladies et les blessures ? Quels médicaments utilisaient-ils ? Cet article présente sept faits tirés de la longue et souvent choquante histoire de la médecine, de la première anesthésie générale aux premières césariennes, en passant par les sangsues médicinales…

Le maintien d’un état de santé confortable est un objectif partagé par une grande partie de la population mondiale, passée et présente. L’histoire de la santé et de la médecine tisse donc un fil qui nous relie aux expériences humaines de nos ancêtres. Pourtant, il est facile de penser que l’étudier implique soit de célébrer les “moments eurêka” de héros célèbres, soit de se moquer de thérapies dépassées. Mais, comme on a entrepris de le montrer dans cet article, L’histoire de la médecine en plusieurs faits, le passé de la médecine comporte de nombreux épisodes moins connus mais tout aussi fascinants….

1 Certains des premiers médecins nommés étaient des femmes

Saqqara est un immense site archéologique situé à une trentaine de kilomètres au sud de l’actuel Caire. Il y a cinq millénaires, c’était la nécropole de l’ancienne ville égyptienne de Memphis, et il abrite l’un des plus anciens bâtiments du monde, la pyramide à degrés de Djoser.

Une tombe voisine révèle l’image de Merit Ptah, la première femme médecin connue par son nom. Elle a vécu environ 2 700 ans avant J.-C. et les hiéroglyphes de la tombe la décrivent comme “le médecin en chef”. C’est à peu près tout ce que l’on sait de sa carrière, mais l’inscription révèle qu’il était possible pour les femmes d’occuper des rôles médicaux de haut niveau dans l’Égypte ancienne.

Quelque 200 ans plus tard, un autre médecin, Peseshet, a été immortalisé sur un monument dans la tombe de son fils, Akhet-Hetep (alias Akhethetep), un grand prêtre. Peseshet portait le titre de “surveillante des femmes médecins”, ce qui laisse supposer que les femmes médecins n’étaient pas des cas isolés. Peseshet elle-même était soit l’une d’entre elles, soit une directrice responsable de leur organisation et de leur formation.

Bien que les barrières du temps et de l’interprétation rendent difficile la reconstitution de la pratique quotidienne de Merit Ptah et de Peseshet, les femmes médecins semblent avoir été un élément respecté de la société égyptienne antique.

L’opération de la cataracte était possible au sixième siècle avant J.-C.

L’un des plus anciens manuels médicaux connus est le Sushruta Samhita, écrit en sanskrit en Inde. Sa date exacte est incertaine, car aucune version originale n’a survécu et il n’est connu que par des copies ultérieures, mais le consensus actuel est qu’il a été écrit aux alentours de 600 av. On pense que Sushruta était un médecin et un enseignant travaillant dans la ville de Bénarès (aujourd’hui Varanasi, dans l’État d’Uttar Pradesh), en Inde du Nord. Sa Samhita – une compilation de connaissances – fournit des informations détaillées sur la médecine, la chirurgie, la pharmacologie et la gestion des patients. Sushruta conseille à ses étudiants que, quelle que soit la qualité de leurs connaissances, ils ne sont pas compétents pour traiter les maladies tant qu’ils n’ont pas acquis une expérience pratique. Les incisions chirurgicales devaient être pratiquées sur la peau des fruits, tandis que l’extraction minutieuse des graines de fruits permettait à l’étudiant de développer l’aptitude à retirer les corps étrangers de la chair. Ils s’exerçaient également sur des animaux morts et sur des sacs en cuir remplis d’eau, avant d’être lâchés sur de vrais patients.

Parmi ses nombreuses descriptions chirurgicales, le Sushruta Samhita décrit la chirurgie de la cataracte. Le patient devait regarder le bout de son nez pendant que le chirurgien, tenant les paupières écartées avec le pouce et l’index, utilisait un instrument en forme d’aiguille pour percer le globe oculaire par le côté. Il l’aspergeait ensuite de lait maternel et baignait l’extérieur de l’œil avec un médicament à base de plantes. Le chirurgien a utilisé l’instrument pour gratter le cristallin opaque jusqu’à ce que l’œil “prenne l’éclat d’un soleil resplendissant et sans nuage”. Pendant la convalescence, il était important que le patient évite de tousser, d’éternuer, de roter ou de faire quoi que ce soit qui puisse provoquer une pression dans l’œil. Si l’opération était réussie, le patient retrouverait une vision utile, bien que non focalisée.

Un “arbre de vie” contre le scorbut

Pris dans les glaces près de Stadaconé (le site de l’actuelle ville de Québec) en 1536, les navires de Jacques Cartier n’allaient nulle part. Les équipages, terrés dans un fort de fortune avec peu d’accès à de la nourriture fraîche, ont contracté une maladie si horrible que “leur bouche est devenue puante, leurs gencives si pourries, que toute la chair est tombée, jusqu’aux racines des dents, qui sont aussi presque toutes tombées”. Ils avaient le scorbut, dont on sait maintenant qu’il résulte d’une carence en vitamine C. Cartier ne savait pas quoi faire. Lors de son premier voyage à Stadaconé en 1534, Cartier avait enlevé deux jeunes hommes, Dom Agaya et Taignoagny, pour les ramener en France comme preuve qu’il avait découvert un nouveau territoire. Maintenant qu’ils sont rentrés chez eux, les hommes et leur communauté ont toutes les raisons de ne pas faire confiance à Cartier – une attitude qu’il interprète comme une “trahison” et une “friponnerie”.

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